Les Laboratoires de la démocratie délibérative. Interprétation de cette théorie.

CONFERENCE INTERNATIONALE 21 OCTOBRE 2016 -9h30/17h30

 

S’il est courant de dénoncer une crise de la démocratie, il est moins fréquent d’indiquer des propositions cohérentes et justifiées pour l’améliorer et la rendre plus légitime.

C’est l’un des rôles possibles de la théorie politique. La théorie de la démocratie délibérative est l’une des propositions les plus en vue aujourd’hui. Elle fonde sa légitimité non seulement sur la participation, mais elle vise la prise de décisions informées et rationnelles. Elle a des implications institutionnelles, pour le débat politique, mais également envers les citoyens dont elle attend qu’ils ne s’appuient pas seulement sur leurs préférences, mais qu’ils soient capables de justifier leurs
décisions (par exemple leurs votes). Ces justifications peuvent prendre des formes variées : raisons, argumentations, narrations, ou encore interprétations. La théorie a proposé divers critères portant sur le type de coopération entre participants ainsi que sur le contenu des échanges.


Au gré des objections et des arguments, la théorie a évolué. Si elle est un objet à part entière pour la théorie et la philosophie politiques, voire la philosophie morale, elle n’est pas restée confinée à ces domaines. Elle a inspiré de nombreuses expériences et études empiriques allant dans des directions aussi différentes que l’observation du comportement de citoyens ordinaires, la mise à l’épreuve des attentes de ceux-ci à son égard, ou encore l’amélioration des processus
démocratiques. Ces expériences socio-politiques ont été réalisées souvent en mini-publics, mais également sur des dispositifs plus vastes, notamment européens, et avec des populations de plus grande taille pour traiter de questions hétérogènes.
L’originalité de cette journée d’étude internationale sera donc de discuter les différentes approches proposées pour mener des études empiriques, ainsi que de confronter les diverses méthodes d’études empiriques offrant autant de laboratoires de cette théorie. Nous verrons quelles sont les interprétations qui sont faites des différentes versions ou des parties de la théorie. De même nous nous pencherons avec attention sur les diverses méthodes choisies, déployées
dans des terrains d’expériences variés. En retour nous verrons comment ces travaux permettent de revisiter, voire modifier la théorie.


Les conférenciers, bons connaisseurs de cette théorie, sont issus de la sociologie, de la psychologie, de la philosophie et de l’informatique. Ils accepteront cette confrontation, pas toujours confortable, mais source d’innovation pour la recherche.
Cette ouverture interdisciplinaire, non seulement entre sciences descriptives et prédictives, mais croisées avec des sciences normatives, devrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement démocratique et contribuer, à sa mesure, à en proposer des améliorations avec un souci de plausibilité.