EURISLAM is a European Commission-funded Research program within the Seventh Framework

Présentation

EURISLAM entend apporter de nouvelles connaissances en analysant les différences et les ressemblances entre les démarches mises en place par différents Etats sur les questions liées à l’intégration culturelle des populations ressortissantes de pays majoritairement musulmans.

Plus précisément, cette recherche vise à faire le lien entre les pratiques des Etats vis-à-vis de la distance culturelle et l’interaction entre les ressortissants des pays musulmans et la population de la société d’accueil.

EURISLAM propose ainsi 1) une approche intégrée, qui rend compte de la position que l’islam occupe au sein des sociétés européennes aussi bien que du potentiel heuristique des différentes explications données par la littérature, et 2) des éléments pratiques d’analyse sur les instruments dont disposent les gouvernements européens tant au niveau supranational qu’au niveau national, pour alimenter l’intégration de l’islam au sein du paysage multiculturel.

Dans ce contexte, les questions de base de la recherche sont les suivantes :

Comment les différentes traditions d’identité nationale, de citoyenneté et de relations entre églises et Etat ont impacté sur l’incorporation de l’islam dans les pays européens ?

Quelles sont les conséquences de ces approches par rapport aux modèles de distance culturelle et d’interaction entre musulmans et leurs descendants et la société d’accueil ?

Afin de mieux répondre à ces questions nous traitons, donc, quatre éléments d’explication:

  • Identification et acceptation réciproques comme base de la solidarité entre groupes religieux et culturels. S’identifier comme un membre de la même entité politique promeut la notion d’intérêt commun et favorise ainsi la solidarité entre groupes.
  • Règles et valeurs partagées comme base de la démocratie au sein de sociétés culturellement variées. Chaque démocratie établit un noyau de valeurs, même s’il existe des controverses sur l’interprétation de son contenu, qui peuvent concerner aussi l’égalité des sexes, la séparation entre églises et Etat et la liberté d’expression et d’association.
  • Le capital social (réseaux sociaux et confiance) comme base de la cohésion sociale entre groupes culturels. Avoir des liens avec des réseaux en dehors de son propre groupe est important pour garantir l’accès à des informations et des ressources difficilement disponibles .

Pour ce qui touche à la situation spécifique des immigrés originaires des pays musulmans, la recherche analyse aussi les compétences linguistiques en tant que condition pour la communication à travers les frontières culturelles : partager la même langue permet la communication entre populations immigrées et la société d’accueil et, en même temps, conforte l’identification réciproque.

Les volets de la recherche

L’ensemble de la recherche comporte trois volets :

  • Un cadre théorique multidimensionnel qui intègre différentes catégories explicatives : les politiques publiques et les institutions, les dynamiques des débats et des interventions des différents types d’acteurs au sein de la sphère publique, l’apport de la société civile organisée et des communautés musulmanes.
  • Une comparaison internationale entre les six pays qui ont représenté les principales destinations choisies par les ressortissants des pays musulmans jusqu’aux années 80 : France, Allemagne, Royaume Uni, Pays-Bas, Belgique et Suisse. On considère notamment les quatre groupes suivants: turcs, marocains, pakistanais, ressortissants de l’Ex-Yougoslavie. En considérant les dimensions de chaque groupe dans les pays de destination, les Turcs et les Marocains sont étudiés dans tous les pays, les Pakistanais dans tous les pays sauf la Belgique et la Suisse et les musulmans originaires de l’Ex-Yougoslavie dans tous les pays sauf la Belgique et le Royaume Uni.
  • Une approche méthodologique intégrée, fondée sur des sources et des méthodes diversifiées. La recherche vise à faire progresser l’état actuel des connaissances existentes grâce à la combinaison de trois niveaux d’analyse (macro-structurel, méso-organisationnel et micro-individuel) dans un cadre théorique intégré. Ici, différentes méthodologies sont mariées, afin de permettre une triangulation des résultats de la recherche et une combinaison d’aperçus quantitatifs et qualitatifs : l’extraction de données secondaires ; analyse des contenus de presse ; une enquête à grande échelle sur les ressortissants des pays musulmans ; la mise en place de focus groups ; des interviews avec les décideurs politiques et les porte-parole musulmans.