Le contexte et le calendrier électoral

Ces élections européennes de mai 2014 s’incrivent dans un contexte particulier qu’il est permis de saisir sous cinq dimensions :

1/ Les Européennes de 2014 seront-elles des élections de second rang ?

2/ Les Français veulent sortir de la crise sans abandonner l’euro

3/ Le désamour des Européens pour l’Europe

4/ Le sentiment anti-européen

5/ Le calendrier électoral

1/ Les Européennes 2014 seront-elles des élections de second rang ?

Par Bruno Cautrès et Martial Foucault

 

Pour la huitième fois de leur histoire, les Européens éliront le dimanche 25 mai les 751 députés siégeant au Parlement européen pour les cinq prochaines années. Depuis 2009, date d’entrée en fonction de l’actuelle majorité, l’Europe a traversé l’une de ses plus graves crises économiques aux conséquences multiples à l’échelle européenne (crise de la gouvernance économique, crise de la méthode communautaire,…) et au plan national (crise des dettes souveraines, dégradation du marché du travail…). Quelles seront les conséquences sur la mobilisation citoyenne du scrutin de fin mai ? 

Pour y répondre, inspirons-nous du concept d’élections de « second rang » développé par K. Reif et H. Schmitt dans un célèbre texte, paru en 1980. L’idée est assez simple. Contrairement aux élections nationales dites de « premier rang » qui déterminent qui gouverne et quel est le choix de politique publique dominant, les élections de « second rang » se caractérisent par une faible participation électorale mais aussi une faible mobilisation des partis, des militants et des candidats ; une « fenêtre d’opportunité » pour les petites formations politiques ou pour les nouvelles formations politiques, parfois même constituées simplement pour les élections européennes ; un accroissement des votes blancs ou nuls qui traduit l’insatisfaction des électeurs face à l’offre électorale ; des partis de gouvernement qui perdent beaucoup de voix par rapport aux dernières élections nationales (composante de « vote sanction »).

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2/ Les Français veulent sortir de la crise sans abandonner l’euro

Par Martial Foucault et Thierry Pech

 

Le baromètre quotidien Ipsos-Steria pour Le Monde, le Cevipof et Terra Nova nous livre trois enseignements importants : le soutien des Français au projet européen s’est érodé au fil des ans ; la capacité protectrice del’Union européenne est jugée insatisfaisante ; sortir la zone euro de la crise est perçu comme une priorité forte, mais qui n’implique nullement l’abandon de la monnaie unique.

Le projet européen souffre d’un manque d’adhésion manifeste (seuls 41 % des Français jugent que l’appartenance de la France à l’UE est une bonne chose). Pour autant, ce n’est pas une hostilité franche à la construction européenne qui domine cette campagne, mais plutôt l’indifférence, voire le désenchantement. L’assise sociologique de l’europhilie a rétréci. Seuls les Français les plus éduqués, occupant des positions de cadres ou professions libérales, résidant dans des métropoles, soutiennent majoritairement le projet européen.

> La suite de l’article daté du 24 mai 2014, Le Monde

3/ Le désamour des Européens pour l’Europe

Par Bruno Cautrès

 

La décennie qui va du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, sous la triple impulsion de Jacques Delors (alors président de la Commision européenne), de François Mitterrand et de Helmut Kohl, constitue de ce point de vue une des grandes étapes du processus d’intégration européenne. Au cours de cette période, une dynamique d’approfondissement de l’Europe lui a fait franchir des étapes décisives : portée par le contexte de l’entrée en vigueur de l’Acte unique (instaurant le Marché intérieur fin 1992) et par les bouleversements géopolitiques liés à la fin de l’empire soviétique en 1989, cette dynamique avait alors conduit les dirigeants européens à accélérer le processus d’intégration en franchissant une nouvelle étape, celle de l’Union économique et politique.

La perspective de l’élargissement à l’Est se voyait précédée par une étape d’approfondissement dont l’objectif était d’achever l’intégration économique tout en développant une intégration politique.

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4/ La progression du sentiment anti-européen

5/ Le calendrier électoral