Du 1er au 15 octobre 2011

> Dimanche 2 octobre 2011 – Jean-Pierre Bel, sénateur ariégeois, est élu à la présidence du Sénat face au président (UMP) sortant, Gérard Larcher. Il devient le premier président socialiste du Sénat.

> Mardi 4 octobre 2011 – Invitée au 20 heures de TF1, Corinne Lepage annonce sa candidature à la présidentielle de 2012. D’après le député européen, ex-MoDem, « il existe un espace pour les républicains, les écologistes pragmatiques et les humanistes ».

> Mercredi 5 octobre 2011 – Le Professeur Viktor Izraël, praticien attaché à l’hôpital Tenon (Paris), annonce sa candidature à la présidentielle pour attirer l’attention sur le manque de moyens du plan cancer.

> Jeudi 6 octobre 2011 – Sur Europe 1, Eva Joly déclare : « Nous ne sommes pas assez nombreux pour peser vraiment » dans cette primaire. « Il me semble que ce n’est pas notre place. »

> Dimanche 9 octobre 2011 – À l’issue du premier tour des primaires socialistes, François Hollande et Martine Aubry se qualifient pour le second tour, avec respectivement 39 et 31 % des suffrages exprimés. Arnaud Montebourg, à la surprise générale, obtient 17 % des voix, tandis que Ségolène Royal s’effondre avec seulement 7 %. Manuel Valls et Jean-Michel Baylet, qui obtiennent 5 et 1 % des voix, appellent d’emblée à voter Hollande au second tour.

> Lundi 10 octobre 2011 – À l’UMP, on tente de minimiser le succès de la primaire. Jean-François Copé rappelle que seul 4 % du corps électoral français s’est déplacé. Pour le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, la primaire « traduit pour le PS une difficulté à désigner son candidat et donc une difficulté idéologique », estimant qu’elle a « renforcé la cacophonie du PS et montré l’absence de ligne ». Sur BFM TV, Nadine Morano prédit que « le candidat élu aura une très faible légitimité. » Cependant, d’autres membres de la majorité, comme François Fillon ou Jean-Pierre Raffarin, continuent de saluer le procédé. Henri Guaino, conseiller de l’Élysée, propose une formule intermédiaire : « c’est un succès quantitatif, qui ne préjuge en rien de ce que sera l’élection présidentielle. »

Sur France 2, Arnaud Montebourg joue de son succès au premier tour. Fort de 17 % de voix qui feront toute la différence entre Martine Aubry et François Hollande, il conditionne son soutien à la prise en compte de ses idées par les deux candidats. « J’ai l’intention de demander aux deux impétrants de faire savoir quelles sont leurs intentions sur la reprise du contrôle de la finance, sur la lutte contre la corruption, sur la VIe République. » À l’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon salue « la percée spectaculaire d’Arnaud Montebourg et des idées de rupture qu’il porte dans des termes souvent identiques à ceux du Front de gauche. »

Les partisans de Ségolène Royal accusent le coup de la défaite cuisante essuyée par leur favorite. Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres invitée du Talk Orange-Le Figaro, juge la défaite « disproportionnée par rapport à la campagne qu’ [ils ont] menée », reconnaissant subir « un choc dur ».

Sur le site nouvelobs.com, un sondage LH2 donne la cote de confiance de Nicolas Sarkozy en baisse de deux points à 32 %, tandis que le Premier ministre en gagne un à 46 %.

> Mardi 11 octobre 2011 – En déplacement en Corrèze, Jean-Luc Mélenchon se dit certain de récupérer les voix d’Arnaud Montebourg : « Ceux qui ont aimé Montebourg à la primaire vont adorer le Front de gauche à la présidentielle ! » affirme-t-il.

En déplacement dans la Creuse (le même jour que Martine Aubry), le président de la République s’exprime pour la première fois au sujet des primaires, et donne l’assaut : « La Ve République ne peut être l’otage des partis politiques et le candidat [à la présidentielle] pris en otage par son parti. Le général de Gaulle a voulu une élection à deux tours, pas à quatre tours. »

> Mercredi 12 octobre 2011 – Invitée du Talk Orange-Le Figaro, la député de Moselle Aurélie Filipetti, soutien de François Hollande, s’en prend à Martine Aubry : « Il est assez amusant de recevoir des leçons de gauche » de la part d’une « candidate de substitution » ayant passé « un pacte avec DSK » , « il est amusant de recevoir des leçons sur la gauche dure de quelqu’un qui à Lille a fait alliance avec le MoDem ».

Lors d’un débat télévisé entre François Hollande et Martine Aubry, tous deux tombent d’accord sur le retour à la retraite à soixante ans, et sur une fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG en un seul impôt payé par tous. Martine Aubry se montre plus ambitieuse sur la sortie du nucléaire, et virulente sur le non cumul des mandats. Enfin, elle juge une hausse des impôts inévitable. François Hollande promet de réduire la dette, et prévoit une grande réforme fiscale. Enfin, il critique la création de 300 000 emplois jeunes inscrite dans le projet PS (et à laquelle se tient Martine Aubry), et fait de la jeunesse et de l’éducation une priorité, promettant la création de 60 000 postes d’enseignant en cinq ans. À la suite du débat, Ségolène Royal apporte, à la surprise générale, son soutien à François Hollande. Avec ce soutien, additionné à ceux, déjà officiels, de Manuel Valls et Jean-Michel Baylet, il devient statistiquement archi-favori du second tour.

Jeudi 13 octobre 2011 – Dénonçant le vote des mineurs et des étrangers à la primaire socialiste, la droite accuse le PS de «  s’être autorisé à redéfinir la citoyenneté » pour augmenter la participation à la primaire.

D’après un sondage Ifop pour Valeurs Actuelles, 26 % des Français souhaiteraient une candidature d’Alain Juppé en cas de non représentation de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, contre 22 % pour François Fillon. Il est à noter que 52 % des sondés ne sont favorables ni à l’un, ni à l’autre.

Après le débat, Marine Le Pen affirme que le Parti socialiste est « en osmose totale avec l’UMP » sur l’Europe et l’euro, dénonçant « l’Europe fédérale de l’UMPS ».

> Vendredi 14 octobre 2011 – À l’issue du débat entre les deux candidats socialistes, un sondage OpinionWay-Fiducial pour LCI et Le Figaro donne François Hollande vainqueur avec 53 % des voix.

Dans 20 Minutes, Martine Aubry tente encore de disqualifier François Hollande en prédisant sa défaite face à Sarkozy : « Le système s’est créé son candidat et nous a matraqués de sondages. Peut-être parce qu’il est plus facile à battre pour Sarkozy. »

 


Du 15 au 31 octobre 2011

> Jeudi 27 octobre 2011 - Sur TF1, Nicolas Sarkozy s’exprime au sujet de la crise européenne et du plan de rigueur pour la France.

> Dimanche 16 octobre 2011 – François Hollande remporte largement la primaire socialiste face à Martine Aubry, en obtenant 56,6 % des voix. Il devient ainsi le candidat socialiste officiel du PS pour l’élection présidentielle de 2012. Au soir de sa victoire, François Hollande annonce une « diète médiatique » pour se concentrer sur ses propositions.

> Lundi 17 octobre 2011 – Invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Henri Guaino, conseiller du président, affirme que celui-ci doit se déclarer candidat le plus tard possible, pour « faire son travail le plus longtemps possible. Faire le contraire serait une faute morale, ajoute-t-il, et une faute morale est toujours une faute politique. »

> Mardi 18 octobre 2011 – En riposte à la primaire socialiste, et bénéficiant d’une attention médiatique générée notamment par un besoin de rééquilibrage du temps de parole, l’UMP organise à Paris une convention sur le thème « Le projet socialiste à la loupe : le grand malentendu », pour démonter point par point le programme de leurs adversaires. Ils estiment le coût du projet PS à au moins 255 milliards d’euros de dépenses supplémentaires, et Jean-François Copé dénonce « une imposture morale ».

> Mercredi 19 octobre – Le premier sondage CSA après la primaire prédit une victoire de François Hollande avec 62 % des voix dans l’hypothèse d’un second tour face à Nicolas Sarkozy. Au premier tour, Marine Le Pen est créditée de 16 % d’intentions de vote, Arnaud Montebourg de 5 %. 

Europe 1, France Inter, I-Télé, BFM TV et LCI sont mis en demeure par le CSA, pour avoir trop largement donné la parole aux socialistes au cours de la primaire. C’est une première dans l’histoire médiatique française.

> Jeudi 20 octobre 2011 – Selon un sondage BVA pour Orange, la presse régionale et RTL, François Hollande arriverait en tête du premier tour avec 39 % des voix, distançant largement Nicolas Sarkozy à 23 %, lui-même talonné par Marine Le Pen à 19 %. Il l’emporterait largement au second tour, avec 64 % des voix.

> Samedi 22 octobre 2011 – Lors d’une convention à la Halle Freyssinet (Paris XIII) , François Hollande est officiellement investi par le PS.

> Dimanche 23 octobre 2011 – Lors du Grand Rendez-vous Europe 1/I-Télé/Le Parisien, le ministre de la Défense Gérard Longuet affirme que c’est le projet socialiste qui a provoqué la mise sous surveillance du triple A de la France par l’agence Moody’s : « Une agence de notation normale a les déclarations de tous les hommes politiques d’un pays, pour savoir quelle est la politique probable de ce pays. Lorsqu’un programme propose de sortir totalement du nucléaire et donc de renchérir le prix de l’énergie en France, ça pèse sur le triple A. Quand un programme propose d’augmenter le déficit public, ça pèse sur le triple A. S’il fallait élire le meilleur camarade de classe, François Hollande aurait peut-être sa chance, mais s’il s’agit de choisir un patron pour aller à l’assaut mieux vaut l’expérience de Nicolas Sarkozy ».

> Mardi 25 octobre 2011 – À l’invitation du député-maire de La Rochelle (Charente-Maritime) Maxime Bono, Ségolène Royal annonce qu’elle se présentera à sa place aux législatives, plutôt que dans sa circonscription des Deux-Sèvres.

> Vendredi 28 octobre 2011 – Au lendemain du nouvel accord de sauvetage de la zone euro, François Hollande s’inquiète de la place laissée à la Chine : « L’annonce de la participation de grands États extérieurs à l’Europe, dans la mise en œuvre de ce fonds, est profondément troublante. Peut-on imaginer que si la Chine, par ce biais, venait au secours de la zone euro, elle le ferait sans aucune contrepartie ? »

Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du Front national, annonce qu’il participera à la campagne en animant des « dîners-discours » pendant la campagne de sa fille. Il ajoute qu’il « souhaite aider et non pas gêner ».

> Dimanche 30 octobre 2011 – Invitée du Grand Jury RTL – Le Figaro – LCI, Marine Le Pen dénonce les projets de mesures économiques de l’UMP : augmentation ciblée de la TVA et hausse de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises. Selon la présidente du Front national, « ces mesures ne vont pas dans le bon sens. Comme d’habitude, ce sont les classes moyennes et les classes populaires qui vont souffrir. » Elle rappelle que, d’après elle, les économies sont à portée de main, évoquant « l’immigration » , « l’aide médicale d’État » ou « la contribution française au budget européen ».