Du 1er au 15 mars 2012

> Jeudi 1er mars 2012 – En déplacement à Bayonne, Nicolas Sarkozy est accueilli par une foule très agressive de militants indépendantistes, auxquels se sont joints quelques militants socialistes. Le chef de l’État met en cause son rival François Hollande : « Je suis désolé de voir que des militants socialistes de M. Hollande s’associent à des indépendantistes pour des manifestations de violence. Si c’est cela leur conception de la démocratie, alors le débat s’engage mal [...]. De mon côté, il n’y aura aucune insulte à l’égard de qui que ce soit. Je le dis à tous ceux qui peuvent se reconnaître dans ma candidature : ne vous comportez jamais comme eux. ».

En déplacement à Angers, François Bayrou dénonce devant 2 000 militants « la surenchère démagogique » du PS et de l’UMP. « C’est une campagne qui passe à côté des enjeux essentiels. On est dans le toujours plus et le n’importe quoi », déclare-t-il avant d’affirmer : « le vote utile, c’est moi ! »

Interrogé dans Le Figaro, Eric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes, attaque François Hollande à propos de sa volonté de revenir sur la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire des enfants.  « François Hollande est aveuglé par des a priori idéologiques, que ce soit sur l’éducation ou sur d’autres sujets régaliens comme la sécurité », affirme-t-il. « Plus grave, il a un problème avec l’autorité et avec la responsabilité. “Autorité” pour lui, c’est un mot tabou qu’il ne saurait prononcer. Il a une approche hémiplégique de la société : il rappelle les droits, mais pas les devoirs. »

Nicolas Dupont-Aignan, qui n’avait pas pu se présenter en 2007 faute d’avoir pu réunir les 500 parrainages nécessaires, affirme cette fois en disposer de 485, à quelques jours de la date limite.

> Vendredi 2 mars 2012 – Le taux de chômage officiel de la fin de l’année 2011 est annoncé, à 9,4 % des actifs. Le nombre de chômeurs en France aura donc progressé de 362 000 au cours du quinquennat, atteignant près de 2,7 millions de personnes, ce qui représente une augmentation de 15 %, l’une des plus basses d’Europe. L’augmentation dans le même temps a en effet été de 35 % en Italie, 65 % en Grande-Bretagne et 185 % en Espagne.

> Samedi 3 mars 2012 – En meeting à Bordeaux, Nicolas Sarkozy aborde avec virulence le thème de l’immigration. Il réaffirme son opposition au droit de vote des étrangers, déclarant que « séparer le droit de vote de la citoyenneté, c’est porter atteinte à la République. C’est ouvrir la voie au vote communautaire ». À propos de l’identité nationale, et notamment de la polémique sur l’abattage halal (que Marine Le Pen dénonçait quelques jours plus tôt comme étant systématique pour toute la viande française) « Il faut considérer nos jours fériés, la place qu’occupent dans nos villages les clochers de nos églises, nos habitudes alimentaires [...], non comme des faits religieux mais comme des faits de civilisation », allant jusqu’à dire que, si elle pouvait être un « atout », l’immigration pouvait aussi être un « problème ».

> Lundi 5 mars 2012 – Lors d’un point presse, Dominique de Villepin affirme avoir récolté 420 parrainages, et se battre pour obtenir les 80 manquants avant la date butoir du 16 mars. S’il ne peut être candidat, il promet de s’engager. Il ne précise pas en faveur de qui, mais montre d’évidentes sympathies à l’égard du président sortant, notamment au sujet de l’un de ses points forts du moment, le vote des étrangers. « Je n’ai jamais été favorable au vote des étrangers aux élections municipales car je lie la citoyenneté et le droit de vote. Il faut préserver ce lien très fort. », déclare l’ancien président de République solidaire.

> Mardi 6 mars 2012 – Interrogé par Le Figaro, Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, affirme à propos de la politique fiscale de François Hollande que « ce sont bien tous les Français qui paieront ce choc fiscal sans précédent. »

> Mercredi 7 mars 2012 – Invité de l’émission Des Paroles et des Actes sur France 2, Nicolas Sarkozy assume ses propos en matière d’immigration qui ont lancé la polémique sur sa course aux voix FN. « Si Mme Le Pen dit que le ciel est bleu, je ne vais pas dire le contraire », ironise-t-il, « Si Mme Le Pen dit « j’aime la France », moi aussi j’aime la France. »

François Bayrou reçoit le soutien officiel de 18 sénateurs centristes. Le président du MoDem y voit « une première étape du rassemblement des centres ». Il reçoit en outre le soutien de Philippe Douste-Blazy, ancien ministre désormais secrétaire général adjoint des Nations-Unies.

> Jeudi 8 mars 2012 – Marine Le Pen affirme qu’il lui manque encore une trentaine de parrainages, à huit jours de la date limite. Selon le Front national, cela serait principalement dû à un grand nombre de désistements d’élus qui avaient initialement promis leurs parrainages à la candidate d’extrême-droite.

> Vendredi 9 mars 2012 – En déplacement en Pologne, François Hollande essuie un nouveau refus de la part d’un dirigeant conservateur, le Premier ministre Donald Tusk ne le recevant pas. En revanche, le candidat socialiste rencontre le président, Bronislaw Komorowski, et affirme que « c’était lui [qu’il] voulait rencontrer. » Je trouve tout à fait normal que les dirigeants conservateurs soient liés les uns aux autres. Ils ont travaillé ensemble, ils veulent continuer. », déclare-t-il également lors d’une conférence de presse.

Sur France Info, Philippe Poutou affirme disposer de 440 parrainages, à six jours de la date limite de dépôt des formulaires.

> Dimanche 11 mars 2012 – À Villepinte (Seine-Saint-Denis), Nicolas Sarkozy tient le plus important meeting de sa campagne devant plus de 25 000 personnes. Entouré de tous les responsables de l’UMP et des centristes ralliés, le président sortant prononce un discours d’une heure majoritairement consacré à son projet de renégociation des accords Schengen. Il menace en effet de sortir définitivement de l’espace Schengen si l’Europe ne fait rien pour lutter contre l’immigration clandestine dans les douze mois.

Dans un discours consacré aux questions de défense, à Paris, François Hollande annonce officiellement sa volonté d’accélérer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Il voudrait l’achever avant la fin 2012, soit un an plus tôt que ne le prévoit Nicolas Sarkozy, lui-même ayant avancé d’un an l’échéance par rapport au calendrier élaboré par les États-Unis.

> Lundi 12 mars 2012 – Sur TF1, Nicolas Sarkozy annonce une nouvelle mesure destinée à lutter contre l’exil fiscal. « Je souhaite que la fiscalité et la nationalité soient désormais liées. », affirme-t-il, avant d’énoncer la mesure : « Tout exilé fiscal qui est parti à l’étranger dans le seul but d’échapper à l’impôt français devra déclarer à l’administration française ce qu’il a payé comme impôt à l’étranger. Et si c’est inférieur à ce qu’il aurait payé sur ses revenus de son capital en France, on lui fera payer la différence. » Il rassure néanmoins les expatriés, déclarant « nous ne changerons rien pour eux. »

Alors que Marine Le Pen affirme manquer d’une quinzaine de parrainages à quatre jours de la date limite, un sondage OpinionWay pour La Croix révèle que 63 % des personnes interrogées jugeraient « grave pour la démocratie » qu’elle ne puisse pas se présenter.

François Hollande rencontre les familles des victimes de l’attentat de Karachi et leur promet, s’il est élu, de lever le secret-défense sur cette affaire.

> Mardi 13 mars 2012 – Un sondage Ifop pour Europe 1 donne pour la première fois Nicolas Sarkozy en tête du premier tour avec 28,5 % des voix, contre 27 % pour François Hollande. Dans les sondages, les deux favoris semblent désormais hors d’atteinte, Marine Le Pen descendant à 15,5 % devant Jean-Luc Mélenchon (13 %) et François Bayrou (11,5 %).

Philippe Poutou affirme avoir passé la barre des 500 parrainages d’élus, même s’il rappelle qu’il faut « attendre le verdict du Conseil constitutionnel ».

Marine Le Pen annonce avoir obtenu ses 500 signatures.

Jean-Pierre Chevènement et son parti, le Mouvement républicain et citoyen, se rallient officiellement à François Hollande.

> Mercredi 14 mars 2012 – Nicolas Dupont-Aignan dépose 708  signatures d’élus au Conseil constitutionnel, après une marche dans Paris avec ses missionnaires, l’équipe de terrain qui a aidé le candidat souverainiste à recueillir ces parrainages.

> Jeudi 15 mars 2012 – Au journal de 20 heures de France 2, Dominique de Villepin annonce que « sauf miracle républicain, [il n’aura] pas les 500 parrainages requis et [il sera] donc empêché de participer à l’élection présidentielle. » À la veille de la date limite de dépôt des formulaires, « une trentaine » de signatures manquent encore à l’ex-président de République solidaire, qui n’a pas prévu de se rallier à qui que ce soit dans l’immédiat.

Du 16 au 31 mars 2012

> Vendredi 16 mars 2012 – Nicolas Sarkozy évoque pour la première fois sa victoire à l’élection présidentielle, en concluant son discours au meeting de Meaux par : « Oui, on va gagner ! »

> Samedi 17 mars 2012 – Un sondage OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI place François Hollande et Nicolas Sarkozy ex aequo au premier tour, avec chacun 27,5 % d’intentions de vote. Ils distancent toujours Marine Le Pen (16 %), François Bayrou (13 %), Jean-Luc Mélenchon (10 %) et Eva Joly (2 %). Au second tour, le candidat socialiste l’emporterait face au président sortant avec 55 % des voix. D’après Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d’OpinionWay, Nicolas Sarkozy bénéficierait d’une dynamique en faveur du vote utile au détriment de Marine Le Pen.

> Dimanche 18 mars 2012 – Invité de l’émission Capital sur M6, Nicolas Sarkozy annonce sa mesure principale au sujet de l’emploi des seniors : exonérer de charges patronales l’embauche d’un chômeur de plus de 55 ans.

> Lundi 19 mars 2012 – Tous les candidats décident de suspendre leur campagne à la suite d’une fusillade ayant fait quatre morts, dont trois enfants, dans une école juive de Toulouse. « C’est une tragédie […] c’est la République tout entière qui est mobilisée pour faire face à ce drame », déclare Nicolas Sarkozy lors d’une allocution officielle à l’Élysée, indiquant qu’il suspendra sa campagne au moins jusqu’au mercredi suivant. De son côté, François Hollande appelle à « une réponse commune et ferme de toute la République » face à « l’ignominie ».

> Mercredi 21 mars 2012 – Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Eva Joly se rendent aux obsèques des militaires assassinés à Montauban la semaine précédente, alors que le RAID mène une opération pour arrêter l’assassin présumé, Mohammed Merah également suspecté d’être l’auteur de la tuerie à l’école juive de Toulouse.

Nicolas Dupont-Aignan annonce qu’il va lancer un appel au CSA pour que les émissions politiques télévisées « ne soient pas arrêtées au moment où l’égalité des temps de parole entre les candidats devient la règle ». Le président de Debout la République trouve « scandaleux qu’il n’y ait plus de débat contradictoire avant le premier tour, alors qu’il y a eu deux débats aux heures de grande écoute pendant les primaires socialistes, qui étaient une élection privée ». « On aura un premier tour tronqué », affirme-t-il. « La vérité, c’est que ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande ne veulent répondre à leurs contradicteurs. »

Sur I-Télé, Marine Le Pen, tout en affirmant ne pas faire d’amalgame entre musulmans et fondamentalistes, estime que « le risque fondamentaliste a été sous-estimé dans notre pays », affirmant que « des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme. »

François Bayrou crée la polémique en disant vouloir poursuivre la campagne malgré les attentats de Toulouse, et surtout en en tenant pour responsable « l’état d’une société » dont les dirigeants « montrent du doigt » une partie de la population et feraient « flamber les passions ». Face à la fronde qui s’élève contre lui, le candidat du MoDem dit ne pas comprendre et ne pas accepter ces critiques. « Il y a des années que l’intolérance progresse dans une société française de plus en plus violente et toujours plus à la merci d’une explosion ! » affirme le leader centriste. « Pour moi , le rôle des responsables politiques, c’est d’apaiser la société dont ils ont la charge et de faire progresser la compréhension réciproque entre Français. » Nathalie Arthaud, qui refuse également de suspendre sa campagne, dénonce « une comédie de l’unité nationale ».

> Jeudi 22 mars 2012 – Après une très longue opération, l’équipe du RAID chargée d’interpeller le terroriste Mohammed Merah l’abat à Toulouse. Très couvert médiatiquement, cet évènement dramatique remet les questions d’immigration et de sécurité au coeur de la campagne. Nicolas Sarkozy et François Hollande mettent conjointement en garde contre les amalgames que les Français pourraient être tentés de faire avec le reste de la communauté musulmane.

Nicolas Sarkozy et François Hollande reprennent leur campagne par des meetings, à Strasbourg pour le président sortant et à Aurillac pour le candidat socialiste.

Selon un proche de François Hollande, « le choix se fera entre Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry » pour occuper Matignon si le camp socialiste l’emporte. D’après cette source, citée par Le Figaro, « la piste Fabius, évoquée par certains, n’existe pas. » Jean-Marc Ayrault,  député maire de Nantes et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, serait le favori, mais Martine Aubry, plus à gauche, pourrait lui être préférée dans le cas où Jean-Luc Mélenchon obtiendrait un score important au premier tour.

> Vendredi 23 mars 2012 – Dans un sondage BVA-RTL, Jean-Luc Mélenchon passe devant Marine Le Pen avec 14 % des intentions de vote, la candidate du Front national descendant à 13 %, devant François Bayrou à 12 %.

Dans une brochure de seize pages résumant les mesures principales de son programme, Marine Le Pen s’engage à soumettre la sortie de l’euro à un référendum. La consultation du peuple à ce sujet, jusqu’alors, ne figurait pas officiellement dans le programme de la candidate FN.

Nicolas Sarkozy se rend à Valenciennes (Nord), dans la circonscription de Jean-Louis Borloo, où il reçoit le soutien actif de ce dernier, un ralliement très attendu à l’UMP, notamment après que des pressions internes au Parti Radical eurent contraint l’ancien ministre de l’Écologie à ne pas être présent au meeting de Villepinte.

> Dimanche 25 mars 2012 – En meeting à Nantes, Marine Le Pen s’attaque violemment à l’islam radical, qu’elle promet de « mettre à genoux ». Selon la présidente du FN, « Mohammed Merah n’est peut-être que la partie émergée de l’iceberg » et il symbolise « le début de l’avancée du fascisme vert dans  notre pays ». Elle s’engage à faire voter la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, l’imposition d’un bracelet électronique à toute personne revenant d’un « séjour suspect en Afghanistan » et l’inspection systématique de toutes les caves de banlieue.

Sur Radio France Politique, Florian Philippot, directeur de campagne de Marine Le Pen, déclare qu’il n’y aura pas de ralliement du Front national au second tour en cas de duel Sarkozy-Hollande.

Au Zénith de Paris, François Bayrou tient son grand meeting parisien devant plus de 6000 personnes.

> Lundi 26 mars 2012 – Selon un proche de François Hollande, « si les conditions le permettent […] François Hollande serait très déterminé, et le congrès de Versailles modifierait donc la Constitution pour accorder les droit de vote aux étrangers. »

> Mardi 27 mars 2012 – Invitée du Talk 2012 Orange-Le Figaro, la ministre du Budget Valérie Pécresse considère la nomination de François Bayrou à Matignon comme une éventualité possible en cas de victoire de Nicolas Sarkozy. « Tout est possible ! Cela dépendra des accords du second tour », déclare-t-elle, ajoutant « ce que je remarque, c’est que ses thématiques sont celles qui sont les nôtres, que ce soit sur l’éducation, la dette, la formation des chômeurs ou sur l’Europe, il y a de grandes similitudes. »

> Mercredi 28 mars 2012 – La nouvelle vague du baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI donne pour la première fois Nicolas Sarkozy en tête au premier tour avec 28 % des intentions de vote, devant François Hollande (27 %), Marine Le Pen (17 %), François Bayrou (12 %) et Jean-Luc Mélenchon (11 %). Au second tour, François Hollande est crédité de 54 % d’intentions de vote contre 46 % pour Nicolas Sarkozy, l’écart le plus réduit depuis le lancement du baromètre en novembre 2011.

> Jeudi 29 mars 2012 – Marine Le Pen, François Bayrou, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade assistent tous au congrès de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), au Palais des Congrès de Montpellier, au cours duquel chacun s’exprime quinze minutes et échange des questions-réponses avec l’assistance pendant cinq minutes.

> Vendredi 30 mars 2012 – Nicolas Sarkozy annonce sur Europe 1 l’arrestation pour expulsion d’une vingtaine d’islamistes radicaux, à la suite de l’affaire Mohammed Merah.

Lors de la présentation de son programme de défense « souverain et altermondialiste », Jean-Luc Mélenchon se prononce en faveur d’une sortie immédiate de l’Otan. Sur ce point comme sur d’autres, il se dit « en désaccord complet » en matière de défense avec le PS.

Nicolas Dupont-Aignan souhaite organiser un grand débat contradictoire entre les neuf candidats à l’élection présidentielle, et envoie dans ce but une invitation à chacun d’eux. Si un tel débat ne serait pas organisé, il s’agirait selon le candidat souverainiste d’un « déni de démocratie dont semblent se contenter les responsables du PS et de l’UMP. »

Lors d’un meeting à Nice, Marine Le Pen demande la dissolution de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), dont le congrès est prévu du 6 au 9 avril 2012. « Il faut prendre sans tarder et sans faiblesse des mesures drastiques contre l’islam radical », a justifié la candidate FN.