Du 1er au 15 mai 2012

> Mardi 1er mai 2012 – Sur RMC et BFMTV, Nicolas Sarkozy écarte l’hypothèse d’une nomination de François Bayrou à Matignon en cas de réélection, arguant qu’il serait « difficile d’avoir un premier ministre minoritaire dans la majorité parlementaire ». Cette éventualité avait notamment été évoquée par Alain Juppé et Valérie Pécresse, selon qui le chef du MoDem aurait fait « un très bon Premier ministre ».

Nicolas Sarkozy prononce un grand discours en plein air, place du Trocadéro à Paris. À l’occasion de la fête du Travail, il évoque sa vision du travail en France, et s’adresse directement aux syndicats, qu’il appelle à la neutralité politique après que Bernard Thibault, chef de la CGT, a appelé à voter Hollande. « Laissez de côté les partis parce que votre rôle n’est pas de faire de la politique. Votre rôle n’est pas de défendre une idéologie, votre rôle est de défendre les salariés », leur a-t-il lancé.

François Hollande est en déplacement à Nevers pour le 1er mai, afin de rendre hommage à Pierre Bérégovoy, qu’il définit comme « un ouvrier, un syndicaliste et un homme d’État ». Au cours de son allocution, il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir voulu organiser une « vraie fête du travail ». « Je ne peux pas accepter que le 1er Mai devienne une bataille contre le syndicalisme », déclare le candidat socialiste, qui n’accepte pas  « que le candidat sortant s’arroge la valeur travail. Qui défend la valeur travail, et qui l’abîme ? ».

En meeting place de l’Opéra à Paris, Marine Le Pen ne donne pas de consigne de vote explicite pour le second tour, mais annonce qu’elle votera blanc « à titre personnel ». La présidente du FN, déjà tournée vers les législatives, estime devant ses militants qu’« il n’y a plus d’élection présidentielle, elle s’est terminée ce 22 avril » et que « nous assistons maintenant à un concours de recrutement, à un entretien d’embauche pour engager un directeur des opérations de la BCE sous tutelle du FMI ». Elle a en conséquence exprimé sa position, tout en laissant ses électeurs libres de leur choix : « Je sais que certains croient encore dans un semblant de patriotisme de droite et que certains croient encore dans un semblant d’égalité et de fraternité de gauche. Je crois, moi, qu’il ne reste plus que l’illusion d’une certaine droite et l’illusion d’une certaine gauche. À titre personnel, je me détournerai de ces mirages. »

> Mercredi 2 mai 2012 – Le ministre de la Défense Gérard Longuet crée la polémique après avoir accordé une interview à l’hebdomadaire d’extrême droite Minute, dans laquelle il considère Marine Le Pen comme « un interlocuteur » légitime suite à son score « très respectable » le 22 avril. Il distingue nettement la présidente du FN de son père, estimant qu’« il sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un interlocuteur qui n’est pas bienveillant, mais qui, au moins, n’est pas disqualifié. ». Le PS dénonce aussitôt « un numéro de racolage désespéré », mais la controverse est également à droite. Entre autres, Rachida Dati se dit « choquée » et « n’adhère absolument pas au fait qu’on puisse dire que Mme Le Pen est un interlocuteur ».

À 21 heures, Nicolas Sarkozy et François Hollande se retrouvent pour le débat traditionnel de l’entre-deux-tours, diffusé sur cinq chaînes de télévision, dont TF1 et France 2. En deux heures et demie sont abordés les thèmes de l’emploi, de la dette, de l’Europe, de l’immigration, du nucléaire et de la politique internationale. L’ambiance est tendue entre les deux candidats, Nicolas Sarkozy traitant son adversaire de « Père-la-Vertu » et de « petit calomniateur », tandis que François Hollande accuse le président sortant d’être « toujours content de [lui] ». Le débat est suivi par 17,79 millions de téléspectateurs.

> Jeudi 3 mai 2012 – Depuis son QG de campagne à Paris, François Bayrou annonce qu’il votera François Hollande au second tour, à titre personnel. Il ne donne en revanche pas de consigne de vote, évitant d’appeler ses électeurs à limiter. Le président du MoDem explique son choix en dénonçant « la course à l’extrême droite » à laquelle s’est livré, selon lui, Nicolas Sarkozy.

> Vendredi 4 mai 2012 – Les derniers sondages avant le second tour donnent toujours François Hollande nettement vainqueur, mais l’écart se resserre. Le candidat socialiste serait donc élu avec 52,5 % des voix selon Ipsos et BVA, 53 % selon CSA, Harris et Ifop et 53,5 % selon TNS-Sofres. Tous ces sondages ont été réalisés après le débat, mais avant l’annonce de la décision de François Bayrou de voter François Hollande.

> Dimanche 6 mai 2012 - Deuxième tour de l’élection prédisentielle. À la mi-journée, le taux de participation est de 30,66 %. Il était de 34,11 % à la même heure en 2007.

Le taux de participation à 17 heures atteint 71,96 %, contre 75,11 % à la même heure en  2007.

À 20 heures, François Hollande est élu président de la République avec 51,62 % des suffrages exprimés contre 48,38 % pour Nicolas Sarkozy, selon le ministère de l’Intérieur. Le taux de participation final s’élève à 81,03 % des inscrits, en baisse par rapport à 2007 où il avait atteint 83,97 %.