Du 1er au 15 janvier 2012

> Mardi 3 janvier 2012 – L’Élysée veut faire passer une loi sur la TVA sociale avant l’échéance électorale du mois d’avril. Une session extraordinaire du Parlement est envisagée pour voter le texte. Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, affirme à propos de cette réforme : « Nous allons la faire et nous allons la faire avant l’élection présidentielle. »

À l’occasion de ses vœux à la presse, François Bayrou promet de « redonner le moral » aux Français. « Dans un pays démoralisé, retrouver le moral, c’est la moitié de la guérison. »

> Jeudi 5 janvier 2012 – Lors de ses vœux à la presse, Marine Le Pen dit son inquiétude quant à sa collecte de parrainages. « En ce début d’année 2012, je suis très loin du compte en ce qui concerne les parrainages de maires nécessaires pour être candidate à l’élection présidentielle, affirme la présidente du FN. Si les choses continuent à ce rythme, je risque de ne pouvoir être candidate en avril prochain. »

« Jeanne d’Arc appartient à tous les Français, ça, c’est une première chose, mais je vois bien que Nicolas Sarkozy court après moi », affirme Marine Le Pen, interrogée sur France 2 au sujet de la célébration par Nicolas Sarkozy du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. « Mais qu’il sache que j’ai des convictions plus fortes, ajoute-t-elle, j’ai un cœur plus pur et des jambes plus longues. »

Eva Joly, candidate Europe Écologie-Les Verts à l’élection présidentielle, veut préparer un large rassemblement à gauche pour le second tour. Lors de ses vœux à la presse, elle « invite François Hollande, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon à préparer dès à présent une dynamique de second tour et à s’engager à un désistement réciproque pour celui ou celle d’entre nous qui sera qualifié à l’issue du premier tour. »

> Vendredi 6 janvier 2012 – Nicolas Sarkozy se rend à Domrémy-la-Pucelle (Vosges) et à Vaucouleurs (Meuse) pour célébrer le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Le Parti socialiste et le Front national accusent le président de « récupération ». Marine Le Pen, pour sa part, organise un rassemblement de ses partisans le 7 janvier devant la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, à Paris.

Nicolas Sarkozy tente de faire passer en force son projet de taxe Tobin sur les transactions financières, malgré l’opposition de certains partenaires européens, notamment la Suède et la Grande-Bretagne. « La France n’attendra pas que les autres soient d’accord », déclare le président de la République. L’Italie et l’Allemagne, favorables à cette taxe, préféreraient la créer directement à l’échelle européenne pour éviter les fuites de capitaux vers les places financières non taxées comme Londres, ce que craint également Laurence Parisot, présidente du Medef.

Mi-décembre, Christine Boutin avait menacé de lâcher « une bombe atomique » dans la campagne de Nicolas Sarkozy si elle n’obtenait pas ses 500 signatures pour se présenter à l’élection présidentielle. Interrogée sur Canal +, la candidate du Parti chrétien-démocrate annonce qu’elle pourrait soutenir François Bayrou. Dénonçant un « déni de démocratie » de la part de l’UMP, elle se dit prête à rallier le président du MoDem, à condition toutefois que celui-ci révise certaines de ses positions, notamment sur l’adoption pour les couples homosexuels. Christine Boutin avait pourtant fustigé, en octobre dernier, son ancien collaborateur à l’UDF. «[Il] se pare d’être un bâtisseur fiable. Il a surtout détruit, s’était-elle indignée. Il a détruit la démocratie chrétienne ; il a détruit l’école, en l’abandonnant aux pédagogistes; il a renié les valeurs permanentes qui ont fait la France, en se pliant aux règles du politiquement correct, que ce soit sur les questions de société ou sur la définition à donner au mot laïcité. »

> Samedi 7 janvier 2012 – Louis Alliot, vice-président du FN, prédit de lourdes sanctions pour l’UMP dans l’hypothèse où Marine Le Pen ne serait empêchée, faute de parrainages assez nombreux, de se présenter à l’élection présidentielle. « Il y aurait un mouvement naturel parmi nos sympathisants pour sanctionner Nicolas Sarkozy, qui serait considéré comme responsable de l’impossibilité faite à Marine Le Pen de se présenter », déclare-t-il au Figaro.

> Dimanche 8 janvier 2012 – Au travers d’une lettre envoyée aux maires de France et relayée sur le site Liberation.fr, Éric Cantona annonce sa candidature à l’élection présidentielle. Engagé aux côtés de la Fondation Abbé Pierre, l’ancien footballeur et acteur précise que, plus que d’une réelle candidature, il s’agit surtout d’imposer la question du mal-logement dans le débat présidentiel.

Plusieurs centaines de sympathisants du FN se réunissent à Saint-Denis à l’occasion d’une « galette des Rois présidentielle » organisée par Marine Le Pen. La réunion publique est perturbée par une manifestation : entre 200 et 300 personnes, en majorité des militants d’extrême-gauche, protestent contre la présence de la présidente du Front national, et jettent des pierres aux forces de l’ordre présentes sur place. L’allocution de Marine Le Pen, entamée avec une demi-heure de retard, porte sur la question du protectionnisme : « Notre pays est en voie de sous-développement, de tiers-mondisation […] C’est la question des protections et du protectionnisme qu’il faut poser [...]. J’attends des réponses concrètes de leur part et pas seulement des incantations », dit-elle, proposant de « taxer à hauteur de 35 % l’industrie automobile qui ne produit pas au moins la moitié de sa production en France ».

> Lundi 9 janvier 2012 – Le baromètre baro-Eco ViaVoice pour HEC, Le Figaro et France-Inter révèle que 64 % des cadres ne voient pas dans l’élection présidentielle une source d’espoir. Le moral des cadres, à -52, demeure très bas après avoir atteint, en novembre 2011, son niveau le plus bas (-56) depuis la création du baromètre. En mai 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy, cet indicateur était passé au-dessus de zéro pour la première fois de son histoire.

Pour Dominique Reynié, directeur général du think tank libéral Fondapol, interrogé par Le Figaro, François Bayrou représente le « vote blanc qui porte un nom ».

En déplacement à Berlin, Nicolas Sarkozy obtient le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel pour l’instauration de la taxe Tobin.

Mercredi 11 janvier 2012 – Au cours de ses vœux à la presse, Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, juge « indispensable » que Marine Le Pen puisse se présenter à l’élection présidentielle. « Ce serait un problème majeur si un mouvement politique qui représente une part significative de l’opinion publique française ne pouvait pas être représenté », explique-t-il.

> Jeudi 12 janvier 2012 – Marine Le Pen, présidente du Front national, présente son programme à la presse. Outre le retour au franc, elle préconise une hausse des 200 euros de tous les salaires inférieurs à 1,4 fois le SMIC, un augmentation de 8,5 milliards d’euros du budget de la Justice, destinée notamment à la création de 40 000 places de prison supplémentaires, et une augmentation de 1,2 milliards d’euros du budget de l’Intérieur. Elle estime à 11,7 milliards d’euros en cinq ans l’économie de la contribution nette au budget de l’Union européenne. Ces chiffres sont immédiatement contestés. L’Institut de l’entreprise estime notamment à environ 20 milliards d’euros par an le coût de l’augmentation des salaires, contre 11,2 milliards d’euros d’après le FN.

> Vendredi 13 janvier 2012 – Invité sur la radio RMC, Daniel Cohn-Bendit, qui vote en Allemagne, déclare que s’il votait en France, il pourrait être tenté par le « vote utile » en faveur de François Hollande, plutôt que par Eva Joly, candidate de sa famille politique, en raison de la montée du FN.

Du 15 au 31 janvier 2012

> Dimanche 15 janvier 2012 – François Bayrou voit dans la perte du AAA français un « point positif ». Pour le candidat centriste, « la perte du AAA va obliger les responsables à regarder - enfin ! - la réalité en face, à cesser de raconter des histoires. » Quant à Marine Le Pen, elle accuse le chef de l’État d’avoir engagé la France dans l’escalier qui mène à l’enfer économique et social. » Lors d’un meeting à Grand-Quevilly (Seine-Maritime), elle affirme voir en cet évènement « la validation de l’analyse [qu’elle fait] depuis maintenant deux ans. »

> Dimanche 22 janvier 2012 – Au cours d’un grand rassemblement du PS au Bourget, François Hollande prononce un discours de campagne devant 20 000 militants et sympathisants. S’ancrant radicalement à gauche, il affirme notamment : « Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Le candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan tient à Paris son premier meeting de campagne. Devant environ 800 personnes, il vante les mérites et la nécessité d’une « France libre ».

> Mardi 24 janvier 2012 – Ségolène Royal, que François Hollande a omis de mentionner dans son discours du Bourget et que Manuel Valls n’a pas fait figurer dans le film retraçant les grandes heures de la gauche, proteste et fait part de sa vexation. « C’est une grande maladresse, déclare-t-elle sur Europe 1, et je pense que les principes de respect et de vérité doivent l’emporter et que cette maladresse sera réparée. »

Deux jours après le rassemblement du Bourget, Nicolas Sarkozy qualifie « d’attaque sans précédent contre les classes moyennes et la France qui travaille » le programme de François Hollande. François Bayrou, lui, juge que le candidat socialiste a commis une erreur : « En déclarant, ‘’mon ennemi, c’est la finance’’, François Hollande court après Jean-Luc Mélenchon. Je pense que beaucoup de gens de centre gauche vont s’interroger sur cette posture. »

> Vendredi 27 janvier 2012 – Après le discours du Bourget, un sondage OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI donne une nouvelle fois François Hollande en tête du premier tour avec 27,5 % des intentions de vote, devant Nicolas Sarkozy (24 %), Marine Le Pen (17 %), François Bayrou (14 %) et Jean-Luc Mélenchon (8 %). Cette même étude révèle une baisse de l’intérêt pour l’élection présidentielle, un sondé sur trois indiquant son indifférence.

> Dimanche 29 janvier 2012 – À 20 heures, Nicolas Sarkozy intervient à la télévision « en tant que chef de l’État », pour annoncer le programme des ultimes réformes du quinquennat. Au cours d’une allocution retransmise simultanément sur six chaînes de télévision, il aborde une série de thèmes : « TVA emploi », taxe sur les transactions financières, banque de l’industrie, logement, 35 heures, etc. et propose une liste de réformes, notamment l’obligation faite aux entreprises de plus de 250 salariés d’augmenter à 5 % de leurs effectifs la part d’apprentis et de jeunes en alternance. Le couple franco-allemand et la collaboration du Président avec Angela Merkel ont par ailleurs été le fil rouge de cette intervention.

> Lundi 30 janvier 2012 – Hervé Morin assure disposer de 250 promesses de parrainages pour l’élection présidentielle, sur les 500 que chaque candidat doit décrocher avant le 16 mars 2012 à 18 heures. Malgré cette progression, le candidat du Nouveau centre plafonne toujours à 1 % d’intentions de vote dans les sondages.

> Mardi 31 janvier 2012 – Daniel Cohn-Bendit déclare que, selon lui, Eva Joly devrait se montrer « moins péremptoire » dans son discours. La candidate Europe Écologie-Les Verts, qui stagne entre 2 et 4 % dans les sondages, est en effet jugée « pas sympathique » par 75 % des personnes interrogées dans le cadre d’une étude Ipsos pour Le Monde du jeudi 26 janvier 2012. Par ailleurs 91 % des personnes interrogées la trouvent « dépourvue de stature présidentielle ».