Du 1er au 15 décembre 2011

> Vendredi 2 décembre 2011 – Invité du Talk Orange-Le Figaro, Robert Hue, ancien leader du PCF, critique la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qu’il considère comme « une erreur stratégique. » « Compte tenu de la crise, explique-t-il, et du fait que depuis longtemps la gauche a perdu l’élection présidentielle, il faut soutenir le candidat du PS dès le premier tour. »

> Mardi 6 décembre 2011 – Une centaine d’étudiants et manifestants empêchent une intervention de Marine Le Pen devant les étudiants de l’université Paris-Dauphine (Paris). Michel Sapin, responsable du projet présidentiel de François Hollande, déclare « comprendre » cette manifestation.

> Mercredi 7 décembre 2011 – François Hollande dîne avec les patrons membres de l’Afep (Association française des entreprises privées). Parmi eux, plusieurs patrons du CAC 40, avec lesquels François Hollande ne cache pas son amitié.

> Jeudi 8 décembre 2011 – Invitée du Talk Orange-Le Figaro, Marine Le Pen assure s’apprêter à aller « dans les heures qui viennent » un recours devant le Conseil d’État, après la « décision scandaleuse » de François Fillon, qui a refusé de rétablir l’anonymat des parrainages requis pour briguer l’Élysée. La présidente du Front national espère que le Conseil constitutionnel sera saisi du problème par le Conseil d’État. Elle revient également sur l’incident de Paris-Dauphine, en rappelant que des étudiants ont été frappés par les manifestants, et affirmant que le soutien apporté aux protestataires par Michel Sapin revient à « inciter à la réitération d’actes violents à [son] égard. »

> Samedi 10 décembre 2011 – François Bayrou fait une percée spectaculaire dans un sondage LH2 pour Libération. Jusque là crédité de 7 ou 8 % d’intentions de vote, le candidat centriste gagne 6 points à 13 %, et talonne Marine Le Pen qui, elle, descend à 13,5 %. Devant eux, François Hollande (31,5 %) et Nicolas Sarkozy (26 %) font la course en tête, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly recevant respectivement 6,5 % et 4,5 % d’intentions de vote.

> Dimanche 11 décembre 2011 – Invité au JT de 20 heures de TF1, Dominique de Villepin annonce officiellement sa candidature à l’élection présidentielle, à la surprise générale. Si la décision enthousiasme les partisans de République solidaire, l’ancien parti de Dominique de Villepin, elle est reçue avec froideur à l’UMP : Jacques Le Guen, député du Finistère, dénonce en effet « une faute politique » et Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, n’est pas moins sceptique : « C’est un parcours de solitaire. Il ne représente pas de courant politique particulier, et ses moyens financiers et humains ont réduit comme peau de chagrin. »

Marine Le Pen tient à Metz (Moselle) son premier meeting de campagne. Elle y parle de la sortie de l’euro, de l’immigration et de la délinquance, se présentant comme « la présidente du retour au réel et des oubliés de la politique ». Pendant ce temps, Louis Aliot, vice-président du FN, se rend en Israël pour trois jours dans l’espoir de « rencontrer en privé des députés israéliens de différents partis afin de nouer un dialogue avec eux. »

> Mercredi 14 décembre 2011 – Marine Le Pen réclame une « grande opération mains propres » contre la fédération PS du Pas-de-Calais. A la suite de la mise en examen de son ancien adversaire politique local, Gérard Dalongeville, ex-maire socialiste d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), ville de 27 000 habitants au cœur de l’ex-bassin minier, pour détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme, et écroué. Gérard Dalongeville aurait affirmé quelques jours auparavant au juge d’instruction que la puissante fédération PS du département bénéficiait de longue date d’un système de financement occulte.

> Jeudi 15 décembre 2011 – Un sondage Ifop pour Jdd.fr fait remonter Marine Le Pen à 20 % d’intentions de vote. Au premier tour, elle serait précédée de François Hollande (27,5 %) et Nicolas Sarkozy (24 %) et suivie de François Bayrou (11 %), Jean-Luc Mélenchon (6,5 %), Eva Joly (5 %) et Dominique de Villepin (3,5 %).

Du 16 au 31 décembre 2011

> Vendredi 16 décembre 2011 – Les professionnels du secteur de l’intérim publient leurs propositions aux candidats à l’élection présidentielle. L’opus 2012 du Prisme, le patronat de l’intérim qui regroupe 600 entreprises et représente 90 % du chiffre d’affaires du secteur, expose 8 propositions pour maintenir 70 000 emplois existants et en créer 100 000. Parmi elles, la création d’un contrat de mission à durée indéterminée et la suppression du délai de carence pour les missions d’une durée supérieure à 15 jours.

> Samedi 17 décembre 2011 – La nouvelle vague du baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI confirme la dynamique de François Bayrou et la possibilité d’une élection à quatre grands candidats. En effet, les trois candidats de tête perdent un point par rapport à la vague précédente, avec 29 % pour François Hollande, 25 % pour Nicolas Sarkozy et 17 % pour Marine Le Pen, tandis que le président du MoDem gagne 4 points à 11 %.

> Dimanche 18 décembre – Dans une interview au Parisien, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, estime qu’il faut « entendre les attentes et les souffrances de la France du non [au référendum sur le traité européen de 2005]. Il faut renouer le dialogue avec cette France-là. »

> Lundi 19 décembre 2011 – Michel Boyon, patron du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), reçoit tous les partis politiques présentant un candidat à l’élection présidentielle, afin de leur exposer les conditions d’accès aux médias pendant la campagne et les principes qui s’appliquent aux radios et aux télévisions.

> Mercredi 21 décembre 2011 – Lors du lancement du plan de vidéosurveillance pour Paris, dans le XXe arrondissement, le Premier ministre François Fillon en profite pour attaquer les propositions du Parti socialiste en matière de sécurité. « En cette période préélectorale, on entend des propositions qui appellent à multiplier les embauches, ou bien à supprimer la Préfecture de police, ou encore à désarmer les polices municipales », a-t-il énuméré, qualifiant ces propositions de « pas réalistes » et « pas responsables ».

François Bayrou analyse sa percée dans les sondages, qu’il explique par « une attente forte des Français qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un duel, type Nicolas Sarkozy – François Hollande, qui ne les enchante pas. » « Ma démarche est différente des deux autres, poursuit-il, car je suis le seul à proposer l’unité nationale. Les Français attendent aujourd’hui une attitude nouvelle pour des propositions nouvelles et un projet social nouveau. Ils ne veulent plus d’une majorité de droite ou d’une majorité de gauche. »

> Dimanche 25 décembre 2011 – Invité du Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien-Aujourd’hui en France, Dominique de Villepin accuse les partis politiques d’accaparer l’élection présidentielle : « Ce n’est pas à l’UMP de choisir le président de la République, déclare-t-il. Ce n’est pas au Parti socialiste, pas plus qu’au MoDem ou au Front national. C’est aux Françaises et aux Français ! Je ne veux pas que cette élection présidentielle soit kidnappée par les partis politiques. »

> Samedi 31 décembre 2012 – Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux aux Français, Nicolas Sarkozy s’en prend au milieu financier. « Il faut faire participer la finance à la réparation des dégâts qu’elle a provoqués. C’est une question de justice. », déclare-t-il, faisant allusion à son projet de taxe sur les transactions financières.